jeudi 29 novembre 2018

Transidentité, transgenre - Suite du voyage

Encore un billet que je vais avoir du mal à écrire. En même temps, j'y réfléchis depuis 2014, du coup la suite de mes idées est assez claire maintenant. J'ai beaucoup réfléchi au sujet de l'identité de genre, et j'ai fait beaucoup, beaucoup de chemin. En voici le (long) récit.

Tout à commencé avec l'écriture de mon billet sur le nettoyage en règle de la vulve, tu le sais. Ignorant tout de la transidentité, je l'avais écrit en ciblant les femmes, vu que dans ma tête seules elles avaient une vulve. Du coup, des personnes trans me sont tombé dessus, en colère, parce que ma vision était totalement cissexiste. A raison.

Prisonnière de mes idées reçues, je n'ai pas vu le mal, ai mal pris ces remarques, et les choses se sont envenimées en commentaire Ne les cherche pas, je les ai effacés dans un coup de colère et de honte

Je suis Borderline. Je suis quelqu'un qui a beaucoup de mal avec ses émotions et qui lutte tous les jours avec le regard des autres. Je doute, tout le temps. De moi-même surtout. En l’occurrence, suite à cette histoire c'était plutôt une chance, parce que, la colère (que je pensais juste et justifiée) passée, j'ai commencé à me renseigner au sujet de la transidentité, pour comprendre ce que ces gens me reprochaient.

Source : https://tinyurl.com/y927yq86

Les recherches

J'ai donc commencé à chercher des réponses à mes questions sur le sujet. J'ai participé à des discussions dans des groupes féministes sur Facebook, j'ai lu des blogs personnels, des articles, des livres. Je t'en mets les liens en fin d'article, comme toujours, si toi aussi tu veux creuser le sujet.

Ces lectures et interactions avec des personnes sensibilisées m'ont fait comprendre beaucoup de choses. Petit à petit, j'en suis venue à vouloir en parler avec des personnes concernées elles-mêmes. Heureusement pour moi, beaucoup sont sur Facebook, et certaines ont accepté de me parler, de m'instruire, de me conseiller ou de me donner des ressources fiables sur le sujet. Et un jour, une femme, E., m'a fait un cadeau inestimable : elle a accepté de me rencontrer. Nous discutions depuis quelques temps sur Internet, mais cela restait irréel... Et voir de visu des personnes que nous ne connaissons qu'à travers des messages, c'est toujours un danger potentiel, qui que nous soyons.
Quoi qu'il en soit, c'était le début d'une amitié toujours en cours.

E m'a accueillie dans son entourage et dans sa vie. Grâce à elle, j'ai rencontré d'autres personnes trans et/ou féministes. Etant toujours en déconstruction de mes visions cissexistes (et autres), je n'ai pas toujours été de bonne compagnie. J'ai eu (et aurai peut-être encore) des attitudes, des remarques, des blagues inappropriées. Elle et ses ami.e.s ont été patientes. Bienveillantes malgré tout. Jamais je ne les remercierai assez pour tout ce qu'ielles m'ont offert...

Le Cuisto et moi, décembre 2014, portant un toast en leur honneur.

Mais qu'est-ce que le genre ?

A force de me renseigner sur la transidentité, il a bien fallu me confronter à cette question. Pour certaines personnes, le genre est un construit social, pour d'autres il est inhérent à notre "nature" - et donc lié à notre appareil génital.
Perso, j'ai assez vite compris ceci : si une femme ayant une vulve qui, après des problèmes de santé se fait retirer les seins et tout son utérus, se sent toujours femme, c'est bien la preuve que le genre n'est pas lié au sexe.

Pour moi, pour faire court, le genre est un ressenti. Il est dans notre tête. Si une personne se revendique d'un certain genre, c'est qu'elle l'est. Et c'est tout. C'est terriblement simple. Peu importe ce qu'elle a entre les jambes ou son apparence physique.

Car oui, on peut se ressentir homme et avoir envie de porter des robes. Ou l'inverse. Et qu'est-ce que ça peut foutre, au final ? Est-ce vital d'empêcher les gens de s'habiller comme ielles le souhaitent ? Je ne le pense pas. Ça ne change rien à notre vie, de voir que certain.e.s cassent les codes et les stéréotypes. Au contraire, je suis persuadé que nous donner plus de liberté de ce point de vue est une bonne et belle chose. S'habiller comme on le souhaite sans se faire ennuyer à chaque coin de rue, c'est finalement ce que beaucoup de femmes féministes revendiquent pour elles-mêmes. Pourquoi ce serait bon pour elles mais pas pour d'autres, sérieux ?

Affiches créées par Paye ta schneck.
Source : https://www.facebook.com/payetashnekleblog/

Non binarité et métaphores

"Mais y'a des gens qui se disent ni homme, ni femme ! Pourquoi pas hélicoptère d'assaut tant qu'on y est ?!"

Alors, si tu es du genre Ha. ha. à faire des blagues du même tonneau, bravo, tu es transphobe :-) Parce que OUI, certaines personnes ne se ressentent ni homme, ni femme. Ou les deux. Ou aucun des deux. Le genre est une vaste carte, et tout le monde voyage dessus au gré de ses ressentis. Certains s'identifient avec un genre neutre, d'autres sans aucun genre, d'autres encore ont un genre tellement complexe qu'il faut utiliser des métaphores pour l'expliquer.

Lorsqu'on se renseigne sur le genre, on peut vite être perdu, tant les possibilités sont grandes. J'ai eu du mal à m'y retrouver au début, et surtout j'ai eu du mal à appréhender certains genres. Comment quelqu'un peut-il se sentir "lumière", ou "froid" ? Mais surtout, était-ce vraiment important pour moi de nier leur existence ? Non. Ma vie n'allait pas changer radicalement si je décidais de respecter ces ressentis, et de nommer et genrer les personnes que je côtoyais comme elles le voulaient. Ça s'appelle le respect, en somme. C'est bien, le respect. Y'a des gens qui devraient s'y essayer plus souvent, d'ailleurs. Mais bon, s't'un autre débat.

Et mon genre à moi, dans tout ça ?

J'en viens à la partie de mon voyage qui me touche personnellement. Avec toutes ces idées nouvelles pour moi, il m'a bien fallu réfléchir sur cette question : comment je ressentais mon genre ? Qu'est-ce qui faisait de moi une femme ?

Ces questions ont été un grand bouleversement. J'ai repensé à des choses que j'avais vécues, enfant. Ce moment où, en lisant un livre, un personnage féminin avait des réactions et des attitudes qui ne me correspondaient tellement pas que je me sentais "pas fille" en comparaison. Cette année où, en suivant des cours de langue, le prof nous avait demandé de prendre des noms typiquement anglais, et où j'avais choisi le prénom "Harry". Et ça m'avait plu au-delà de tout. Ces moments où, à l'école ou en famille, on me demandait "d'agir comme une fille", mais où ils et elles rejetaient ma féminité lorsque justement j'y attachais de l'importance. Ces moments où, sans vraiment en avoir conscience, je cassais les codes établis pour choquer (croyais-je) autour de moi.

Toutes ces expériences, ces moments où je me suis senti bien ou mal à l'aise face à mon genre me sont revenues en pleine face. Apprendre qu'il existait des genres en dehors de la binarité femme - homme a été pour moi une révélation. Je me suis rendu compte que j'avais un genre bien plus complexe que je ne le pensais.

"Moi, je suis la Suisse !"

A force de me questionner sur moi-même, je me suis rendu à l'évidence. Je me sentais... Neutre. Pile poil au milieu, entre femme et homme. Et à certains moment, je me sentais femme. Mon genre changeait, voyageait entre Femme et Neutre. J'étais Genderfluid.

Drapeau de la Fierté Genderfluid.


Cette idée a été un véritable changement pour moi. Enfin, je me sentais en paix avec moi-même. Enfin, j'avais quelque chose pour me raccrocher, j'avais des mots pour dire ce que j'avais confusément ressenti toute ma vie. Ça m'a fait un bien incroyable. La paix. Enfin.

J'ai évidemment parlé de tout cela avec des ami.e.s et mon Cuisto. Au départ, il n'a pas compris. Il n'arrivait pas à comprendre comment quelqu'un peut remettre son genre en cause, et surtout se sentir Neutre. Pour lui, c'était au mieux une blague, au pire une incompréhension totale. Moi, voyant ça, je me sentais évidemment très mal. J'étais enfin en paix, et lui, qui partageait ma vie depuis 9 ans, ne me soutenait plus. Ses attitudes désinvoltes face à tout cela m'ont beaucoup touchée, et pas en bien tu t'en doutes.

Heureusement pour moi, le Cuisto est quelqu'un qui aime apprendre, s'informer, et surtout il n'est pas buté. Voyant que mon genre avait beaucoup d'importance pour moi, il a commencé à s'informer lui aussi sur la transidentité. Petit à petit, il a changé, déconstruit ce qu'il pensait savoir. A ce moment, même si je n'avais pas sa compréhension, j'avais son respect. Et petit à petit, il a fini par comprendre et être supportif. Au moment d'écrire ces lignes, je le considère comme mon meilleur allié.

D'autres ami.e.s, par contre, n'ont eu aucun problème avec mon changement de genre. Pour elles et eux, j'étais moi, et le reste n'avait pas d'importance. Lorsque j'ai décidé de m'appeler Max, ma meilleure amie a tout de suite embrayé et respecté ce choix. J'étais aux anges, ça va sans dire.

Transition sociale

Tout au long de ces années, même si je remettais en cause mon genre en rejetant de plus en plus sa part féminine, je n'ai jusqu'à présent jamais eu envie de changer mon corps. Ma transition a été sociale plus qu'autre chose. Petit à petit, j'ai adopté un nouveau prénom, ainsi que de nouveaux pronoms. Je demandais à mon entourage de m'appeler par mon prénom choisi, et de mixer féminin et masculin lorsqu'il parlait de moi (par exemple "Max elle est beau", ou encore "mon belleau").

Grâce à elleux, j'ai pris confiance. J'ai fini par parler de ma transition à mes collègues et à mes connaissances en classe - qui ont toustes été d'une bienveillance admirable. J'ai fini par en parler à certaines personnes dans ma famille. Certain.e.s ne comprennent pas, mais ils et elles sont respectueux, alors ça me va. J'ai également participé à un documentaire sur la transidentité l'an passé, que tu peux regarder ici. Enfin, dernièrement, j'ai fini par faire les démarches administratives pour changer officiellement de prénom.


Genres Pluriels : Docu réalisé par Samuel Deschamps, avec : Aurore Castro, Igor, Sarah Max. ©IAD 2017

Un voyage sans fin ?

Actuellement, là tout de suite, mon genre est encore différent de ce que je raconte dans le docu Genres Pluriels. Je pense avoir fini par trouver un joli mot pour le définir.

Je suis Évolugenre.

Oui, mon genre a beaucoup évolué ces dernières années. Il a changé, voyagé, évolué au gré de mes réflexions et de mes ressentis. Je suis passé par Femme, Femme - Neutre, Neutre, Fluide, Agenre, Genre Doute...

Genre Doute ? Eh oui. Comme je le disais au début de ce billet, je suis Borderline. Cette condition d'esprit me pourrit souvent la vie, et surtout me fait douter de moi constamment. J'ai fini par me rendre compte que ces doutes sur mon genre, mon histoire, ma sensation constante d'être un imposteur "qui surfe sur la vague de la mode non-binaire" faisait également partie de mon genre ressenti. C'est peut-être à cause de ces doutes et de ces peurs qu'il évolue. Mais c'est ainsi. Je ne suis pas la seule à lier mon genre à ma condition mentale, d'ailleurs.

Trouver un mot, une étiquette pour nommer mon genre m'a enfin permis de mettre de l'ordre dans mes ressentis. Ce mot est simple, et évoque facilement les images de ce qu'il implique. Ça me simplifie les choses lorsque je parle de tout ça à des personnes bien, peu ou pas informées.

Un voyage tranquille

Au final, il est fort possible que mon genre change encore. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. Je suis arrivé à un point d'ancrage, et c'est ce dont j'avais besoin. J'essaie de vivre tout ça avec calme, mais suis très anxieux à l'idée d'être confrontée à des personnes ne me trouvant "pas assez trans". Les débats sont encore houleux dans notre communauté, et c'est loin d'être fini. Mais c'est une autre histoire, qui nous concerne, et ce billet n'en est pas l'objet.

Je voulais partager mon chemin avec toi, Poiscaille, parce qu'il me tient à cœur. Je suis pas une femme. Je suis Max. Ça change énormément et pas du tout ce que et qui je suis. Tout ce que j'espère, c'est que ce chemin soit tranquille. Qu'il profite à d'autres qui, peut-être, se sentent coincés sans savoir pourquoi. Ou à celles et ceux qui n'ont jamais remis leur genre en question, et qui le vivent parfaitement bien.

La seule chose à retenir, à mon sens, est celle-ci. Nous sommes des personnes. Des êtres vivants. Et nous ne sommes pas fous ou malades. Qui que nous soyons, nous méritons le respect et la bienveillance. Utiliser un mot plutôt qu'un autre est à la portée de tout un chacun. L'incompréhension n'est pas incompatible avec le respect. 



Pour aller plus loin :
La vie en Queer (blog FR)
Assigned Male (BD EN)
Genres Pluriels ASBL (Site officiel FR)
L'Observatoire des Transidentités (Site officiel FR)
Princ(ess)e (Chaîne Youtube FR)
Alistair - H Paradoxæ (Chaîne Youtube FR)

mercredi 28 novembre 2018

Savon intime pour "petite fille" - Mais qu'est-ce que c'est que cette merde ?!

Salut Poiscaille, j'espère que tu vas bien !

Ici c'est la routine, la flemme, le manque de temps aussi. Cela dit, même si j'arrive après la tempête, j'ai décidé de me fendre d'un article concernant les savons intimes "spécial petite fille" qui ont commencé à surgir. Si tu as déjà lu mon précédent article sur le nettoyage de la vulve, tu sauras que je suis pas pour le savon à cet endroit. Alors s'il s'agit de petites filles âgées de 2 ans comme disent les pubs, comment dire... ?
Mais reprenons depuis le début.

La vulve est un endroit très sensible, on le sait. Son équilibre peut être déstabilisé par un rien. Et lorsqu'on sait que la flore intime de la vulve des enfants n'est pas complètement formée, ça donne envie de les protéger de ces problèmes, évidemment.

En effet, durant l'enfance, la vulve est composée de petites lèvres et de grandes lèvres encore en croissance. Parfois, celles-ci ne protègent pas complètement la vulve et l'entrée du vagin des agressions extérieures. Pour ne rien arranger à la paranoïa, beaucoup de sources indiquent, par exemple, que "les vulvo-vaginites sont les infections gynécologiques les plus courantes chez 83 % des petites filles âgées entre 1 et 8 ans". La même source affirme que pour soigner le problème, un lavage à l'eau et au savon ne suffit pas, et qu'il est indispensable d'utiliser un produit adapté aux muqueuses des enfants.

J'ai trouvé pléthore de sources s'appuyant sur les mêmes constats et conseils que vous trouverez en fin d'article comme toujours. Mais est-ce vraiment indispensable ? Il est temps de couper dans le vif du sujet et de faire un tour de la question.
C'est parti mon kiki !




Internet te ment

Se laver, ça s'apprend, c'est certain. Mais encore faut-il trouver, connaître et enseigner de bonnes pratiques. Et de ce point de vue, il y a beaucoup (trop) de conseils et clichés trompeur sur l'hygiène de la vulve. Tout le monde s'en donne à cœur joie sur le sujet, que ce soient des personnes bien intentionnées genre comme moi quoi ou des marquetteux voulant revendre leur came. Il suffit de se pencher sur le site questions-intimes.fr pour avoir un aperçu des dégâts.

Questions-intimes a l'air d'un site d'information de base sur l'hygiène de la vulve. Il se propose d'aider les ceusses désireux-ses de s'informer sur le sujet : "Trouvez toutes les réponses à vos petits problèmes intimes" et répond de manière innocente non aux questions les plus fréquentes du tout venant. Hygiène de base, sécheresse intime, mauvaises odeurs, mycoses, et surtout comment remédier à ces problèmes sont autant de sujets abordés, avec de jolis dessins pour faire plus blog beauté random.


Tu vois le piège ? Source : https://www.questions-intimes.fr/conseils-dexpert/


Mais il n'échappera pas à l’œil averti que ce site n'est qu'une vitrine vantant les mérites des produits Hydralin, qui sont tous teeeellement bien avec que des avantages ! Y'a qu'à regarder la page consacrée au produit "spécial fillette" qui roxxe du poulet. Le site nous promet "Une texture mousse unique, douce et facile à rincer pour un meilleur respect de la zone intime de votre petite fille, un flacon pompe facile à utiliser, lextrait de lotus reconnu pour ses propriétés adoucissantes, un pH physiologique adapté à la toilette intime quotidienne. Dès 2 ans." Par contre, pour connaître le pH exact du produit, tu peux te brosser, évidemment.

Autre site, autres conseils, le Ligueur s'est fendu d'un article complet sur le sujet. Qu'en est-il chez lui ? Pas que du bon, visiblement. Entre deux listes de bons conseils, il préconise certains produits d'hygiène intime et l'utilisation quotidienne de lingettes en s'improvisant médecin. Classe.


Source : https://www.laligue.be/leligueur/articles/hygiene-intime-des-filles-attention-fragile-!#

Conclusion : les informations fiables et surtout désintéressées sont difficiles à trouver, et il est indispensable de trier le vrai du faux. C'est d'autant plus urgent au vu du marché de l'hygiène intime, qui cible de manière plus qu'insistante les enfants. Mais alors, me demanderas-tu, quelle est la marche à suivre ? Suis le guide, Poiscaille, on entre dans le vif du sujet.

Souci médical et mise en garde

Mais avant ça, il est de mon devoir d'insister sur un point important. Je ne suis pas médecin, ni gynécologue. Je suis juste une personne lambda qui trifouille Internet dans son salon. Les conseils que je donne, ce que j'écris dans ce billet, ne prend absolument pas en compte les diverses infections qu'on peut chopper, ni la manière de les soigner. Tout ce que je peux faire, c'est relayer la parole de personnes qui m'ont l'air qualifiées.

Il n'est pas de mon ressort de prodiguer des conseils médicaux, ici ou en commentaire. Seul un.e professionnel.le de la santé est apte à faire cela. Si tu as un souci, Poiscaille, j'ai juste un mot à te dire : consulte. En live, en prenant rendez-vous chez un.e gynéco en qui tu as confiance. Fais-toi un avis complet en consultant des pros différent.e.s si tu en ressens le besoin. Et évite doctissimo and co, tu vas juste chopper une paranoïa en plus de ta mycose.
Okay ?

Okay.

Alors passons à la suite.

Alors, comment bien laver une vulve (ou un pénis) au quotidien ?

Que que soit l'âge de la personne, un filet d'eau tiède et une main propre suffisent. On écarte délicatement les grandes lèvres et on frotte doucement du haut vers le bas, sans forcer. Ensuite on écarte les petites lèvres, et rebelote, on frotte de haut en bas jusqu'à l'entrée du vagin, sans y faire rentrer quoi que ce soit.
Pour le pénis, on décalotte doucement le gland, et on frotte autour avec une main propre, toujours sous un filet d'eau tiède.
Et c'est tout.



Un savon peut être utilisé dans la zone des partie génitales, comme l'aine. Pour le choisir, rien de plus simple : on prend un savon doux, sans parfum, adapté aux peaux sensibles.

Exit donc :

  • les savons dits "d'hygiène intime", ou tout autre savon
  • les lingettes, jetables ou non
  • le gant de toilette
  • les lavages trop fréquents (sauf accident, une fois par jour suffit amplement)
  • les douches vaginales (RIEN ne doit rentrer dans le vagin !)
  • l'utilisation de savon lors des menstrues

A bas les stéréotypes !

Eh oui, l'eau suffit. Les savons "intimes" n'existent que grâce à l'inventivité des marquetteux, qui ont décidé de propager des mensonges pour vendre leur came.

NON, une vulve n'a pas besoin de savon pour être propre.
NON, il n'y a pas de méthode différente à adopter pour les enfants, les adultes et les personnes enceintes ou ménopausées.
NON, une vulve n'a pas besoin de deux lavages par jour, ou plus. Cette zone n'est pas plus sale qu'une autre partie du corps.
NON, une vulve ne sent pas mauvais. Si c'est le cas, c'est un signe d'infection, va consulter !
NON, l'utilisation de protège-slip parfumé ne va pas t'aider à "sentir bon de la culotte". Au mieux, c'est inefficace, au pire, tu fais se côtoyer des produits chimiques chelous et ta vulve. Ambiance.
NON, les douches vaginales ne sont pas utiles. Le vagin possède son propre système de nettoyage. Y ajouter du savon ou autre chose, c'est le moyen le plus sûr pour déstabiliser tout son équilibre, et donc de chopper une infection.
NON, un savon ne peut pas "resserrer" ton vagin. Ni du jus de citron. Ni rien du tout. C'est une légende urbaine.

Mais alors, un savon "intime" est utile en cas de problème médical ?

Selon la Docteure Phryné Coutant-Foulc, dermatologue spécialisée dans les pathologies de la vulve, le savon "intime" est un pur produit marketing, qui créée un besoin inexistant. En cas de vulvite ou de vaginite (qui arrivent plus fréquemment chez les enfants), un savon pour le corps adapté aux peaux fragiles est suffisant.

Tu peux donc recycler ton savon intime pour laver la litière de tes chats, te laver les mains ou faire la vaisselle. Et éviter d'en racheter une fois le pot vide. Sauve ta vulve, sauve ton porte-monnaie, et enlève de ta tête les stéréotypes culpabilisants ciblant les vulves. Cela dit, encore une fois, n'hésite pas à consulter. La santé c'est important.

Mais si tu n'es pas convaincu.e, Poiscaille, voici les Inci de quelques produits soit-disant "indiqués pour le nettoyage intime".

Compos compos

Comme d'habitude, pour comprendre l'Inci et le code couleur dans mes articles, tu peux trouver les détails ici.


  • Hydralin Fillette

INCI : Introuvable sur leur site. pH inconnu.
Aqua, Sodium Cocoamphoacetate, Sodium Cocoyl Apple Amino Acids, Panthenol, PEG-7 Glyceryl Cocoate, Polysorbate 20, Citric Acid, Nelumbo Nucifera Root Extract, Glycine, Lactic Acid, Phospholipids, Glycine Soya Oil, Glycolipids, Glycine Soja Sterols, Parfum, Disodium EDTA.

Conclusion : Tu t'en doutes, je recommande pas ce produit. Malgré son tensioactif doux, ce produit est polluant, potentiellement irritant, et contient un parfum indéterminé. Y'a mieux à trouver pour une vulve.

  • Saugella Girl 

INCI : Introuvable sur leur site. pH inconnu.
Aqua, Magnesium Laureth Sulfate, Propylene Glycol, Cocamidopropyl Betaine, Sodium Cocoyl Glutamate, Disodium Cocoyl Glutamate, Avena Sativa Kernel Extract, Hydrolyzed Oat Protein, Potassium Palmitoyl Hydrolyzed Oat Protein, Sodium Dilaureth-7 Citrate, Sodium Cocoamphoacetate, Calendula Officinalis Flower Extract, Disodium EDTA, Malva Sylvestris Leaf Extract, Hydrolyzed Rice Bran Protein, PEG-120 Methylglucose Dioleate, Lactic Acid, Sodium Benzoate, PhenoxyethanolPotassium Sorbate, Parfum, CI 16185.

Conclusion : Ce produit, c'est la fête aux tensioactifs irritants, composants polluants, avec en touche finale un colorant azoïque. A fuir donc.

  • Saforelle Miss 2 ans

INCI : Introuvable sur leur site. pH inconnu.
Aqua, Sodium CocoamphoacetateGlycerinLauryl Glucoside, PropanediolSodium Cocoyl Glutamate, Sodium Lauryl Glucose Carboxylate, Coco-GlucosideGlyceryl OleateParfum, PEG/PPG-120/10 Trimethylolpropane TrioleateLaureth-2Chlorphenesin, Isopropyl AlcoholAllantoinDisodium EDTA, Althaea Officinalis Root ExtractCitric Acid, Arctium Lappa Root ExtractMethylisothiazolinoneSodium Benzoate, Potassium SorbateTocopherol, Hydrogenated Palm Glycerides CitrateSodium Hydroxide.

Conclusion : Ce produit est tellement un bon exemple de bonne volonté foirée. Après une suite de différents tensioactifs doux, on tombe sur le Chlorphenesin, un conservateur très mauvais, au même titre que la Methylisothiazolinone ! Les "extraits naturels" (mais non bio attention) de bardane et de guimauve sont sous-dosés, autant dire que leurs effets seront minimes. Bref, à fuir !


  • Saforelle Miss Lingette intimes 2 ans

INCI : Introuvable sur leur site. pH inconnu.
Aqua, Pentylene Glycol, Cocamidopropyl PG-Dimonium Chloride Phosphate, Olus Oil, Glycerin, Lauryl Glucoside, Polyglyceryl-2 Dipolyhydroxystearate, Sodium Benzoate, PCA Ethyl Cocoyl Arginate, Parfum, Sodium Chloride, Glyceryl Oleate, Dicaprylyl Carbonate, Arctium Lappa Root Extract, Althea Officinalis Root Extract, Citric Acid, Potassium Sorbate.

Conclusion : De l'eau, suivie d'un humectant moyen et.. d'une substance pour cheveux cheloue. Les "extraits naturels" de bardane et de guimauve sont tellement sous-dosés qu'on peut se demander si ça vaut la peine de relever leur présence. Etant donné que l'utilisation de lingettes provoque souvent un assèchement des muqueuses, autant éviter.


  • Corine de Farme Gel intime Fille

Ce qu'en dit la marque : "Le Gel intime Fille est spécialement conçu pour la toilette intime quotidienne dès 3 ans. Sa formule extra-douce, enrichie en extraits de Calendula reconnu pour ses vertus apaisantes et en Glycérine végétale aux propriétés hydratantes, est parfaitement adaptée pour nettoyer, apaiser les sensations d’inconfort et hydrater au quotidien cette zone fragile."

INCI : Trouvable sur leur site. pH inconnu.
Aqua, Sodium Laureth Sulfate, Sodium Chloride, Glycerin, Disodium Cocoamphodiacetate, Disodium Laureth Sulfosuccinate, PEG-200 Hydrogenated Glyceryl Palmate, Lactic Acid, Styrene/Acrylates Copolymer, Sodium Benzoate, PEG-7 Glyceryl Cocoate, Allantoin, Citric Acid, Potassium Sorbate, Parfum, Sodium Hydroxide, Sodium Lauryl Sulfate, Calendula Officinalis Flower Extract, Sorbic Acid.


Conclusion : Mélange de tensioactifs doux et irritants, composants polluants, et un extrait de calendula en avant-dernière position (donc sous-dosé à mort). Faut croire que la glycérine est moins chère que l'extrait de calendula. "Formule enrichie", comment ils osent ? Allez vous faire cuire le cul, non mais ! Pas grand chose à sauver ici.



Voilà, avec tout ça tu devrais avoir une idée sur ce qui est le mieux pour tes parties génitales et celles de tes enfants. Je te recommande également le visionnage de cette vidéo très bien faite, par Clemity Jane, concernant l'hygiène intime, ainsi que la lecture de la BD de Klaire fait GRRR, qui s'est fendue d'une petite gueulante bien chouette.

Si tu hésites encore devant les rayons de produits proposés en magasin, tu peux également utiliser une chouette appli : CompoScan. Grâce à elle, tu auras un aperçu direct de ce que tu as dans les mains - et d'acheter ou non en conséquence.
A toi le pouvoir, Poiscaille !


Pour aller plus loin (attention, la plupart des liens versent dans le cissexisme) :

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/01443615.2017.1395398?src=recsys (EN)

jeudi 11 janvier 2018

Message à caractère informatif - Comment bien se laver

Salut Poiscaille !

Ça fait longtemps, dis donc. J'espère que tu te portes bien !

Moi bof, mais bon je vais pas t'étaler ma life pour le plaisir de chouiner. Bref !

Ces derniers temps, j'ai vu passer des articles ou des blagues sur le nettoyage du corps, du coup j'ai eu envie de t'en parler parce que visiblement y'a des gens qui déblatèrent pas mal de choses, comment dire... à côté de la plaque.

Alors céparti.




A quelle fréquence se laver le corps ?

Tu ne le sais peut-être pas, mais la douche ou le bain tous les jours, c'est effectivement mauvais pour la peau.
Ça peut être dû à une eau trop calcaire, trop chaude, ou à l'excès de savon. Se laver tous les jours enlève les protections naturelles de la peau. Résultat : une peau agressée et sans défense ne va pas bien se porter.

Alors, je vais pas vraiment te dire à quelle fréquence te nettoyer le popotin, à toi de voir en fonction des besoins de ton corps. Une seule chose est sûre : tu peux zapper la douche plusieurs fois dans la semaine.

Quelles parties du corps doivent être lavées ?

Cela dit, certaines parties du corps, les plus odorantes, ont besoin d'un récurage, évidemment. Pour éviter les douches tous les jours, tu peux donc te laver une fois sur deux avec bassine et gant de toilette les aisselles, les parties génitales et les pieds, avec de l'eau tiède (avec ou sans savon, mais c'est mieux sans).

Concernant les parties génitales, si tu as une vulve tu peux avoir plus d'info avec mon article ici.
A ne pas oublier, l'anus est également une muqueuse, donc vazy mollo sur le savon agressif ou l'eau trop chaude.




Mais j'aime les douches méga chaudes !

C'est pas moi qui vais te jeter la pierre, j'adore les douches très chaudes (surtout en hiver). Malheureusement, l'eau très chaude décape les défenses naturelles de la peau aussi sûrement que le savon. Mieux vaut l'eau tiède tristesse et un temps sous l'eau court horreur, malheur.

Et quid du savon alors ?

Déjà, tout le monde ne supporte pas le savon. Certaines personnes y sont allergiques et doivent utiliser du savon "sans savon".
Tu peux en trouver des exemples ici si tu en as besoin, à titre indicatif.

Une chose est sûre, le corps n'a pas besoin de savon tous les jours pour que la peau se porte bien. Tu peux même éviter le savon en utilisant des poudres comme le Rhassoul, qui te laveront tout en respectant ta peau ! L'avantage du Rhassoul : tu peux même te laver les cheveux avec ça.

Et le visage dans tout ça ?

Le visage a besoin de soins différents du corps. La peau y est plus fragile, surtout autour des yeux. A toi de trouver la routine qui te conviendra, avec ou sans nettoyage au savon, avec ou sans sérum, avec ou sans crème...

C'est un chemin parfois long de trouver les produits et les gestes qui te conviendront, d'autant plus que le changement de saison n'aide pas. Courage Poiscaille.




Perso, je prends soin de ma face de manière très aléatoire, et j'ai constaté que ma peau réagit très mal au savon et à l'eau trop chaude. Du coup j'y vais doucement.

Dans le doute, quoi qu'il arrive, mise sur la douceur. Une peau décapée va très mal réagir, devenir grasse, ... Donc vraiment j'insiste, mieux vaut des produits doux !

Les oreilles, grandes oubliées

On parle peu des oreilles, et pourtant il est temps !
La France a interdit les cotons tiges depuis le début de l'année, parce que trop polluants. La Belgique commence également à s'interroger sur ce sujet.

A la maison, on utilise des cure oreilles en bambou. Ce petit objet a beaucoup d'avantages : il est réutilisable donc plus de déchets, mais surtout il ne repousse pas le cérumen au fond de ton canal auditif. Que du bon, quoi. Bon, faut apprendre à avoir le coup de main, mais vraiment c'est bien pratique. Tu pourras même faire des bougies avec le cérumen récolté ou pas

D'un autre côté, tu peux aussi te laver les oreilles très simplement, sans outil ! Eh oui, l'auriculaire était peut-être fait pour décorer notre main, mais il rentre pile poil dans la partie du pavillon à récurer sans se faire mal ni repousser à l'intérieur le cérumen accumulé. Idéal pour les petits budgets !

La partie la plus sale
Mais la partie la plus sale de notre corps, que nous avons toustes tendance à oublier durant parfois des années ! C'est, c'eeeeest...

Notre nombril.
Eh oui Poiscaille, l'intérieur du nombril, ça se lave, de temps en temps, surtout s'il est en creux. N'hésite pas à y passer un doigt de temps en temps, histoire d'y déloger les potentiels amas de peaux mortes et autres crasses qui y stagnent. Voilà Poiscaille.


On a fait le tour. Cet article est un peu décousu et écrit à l'arrache, mais j'espère qu'il te sera utile !

Prends soin de ton corps comme s'il était le tien, et à bientôt !