mercredi 24 juillet 2013

Inadaptée sociale, leurs actes, mes conséquences

Ca fait longtemps que je pensais pondre un texte là-dessus. J’ai souvent hésité, pesé le pour et le contre. Alors, pourquoi maintenant ? Je suis tombée sur un article de MadmoiZelle.com,traitant du harcèlement scolaire, vu de l’autre côté de la barrière. Cet article m’a foutue dans une rage noire. Les harceleurs, donc (selon une petite vingtaine de témoignages), ce ne sont que de pauvres petits enfants qui ont eu une enfance difficile, qui sont vraiment désolés, mais qui ne se rendaient pas compte du mal qu’ils faisaient.

Ce à quoi j’ai envie de répondre: Bullshit. Et je suis polie, putain.

Ceci (n’)est (qu’)un témoignage de plus sur le sujet, mais, vois-tu, lecteur, il me tient à coeur. Et à cri. Il est temps que tout ceci soit dit et su.

Pourquoi je garde pas ça pour moi et le cabinet de mon psy ? Bon, déjà, j’ai pas la force de payer la blinde (et mon compte en banque non plus d’ailleurs) pour essayer de digérer les crasses qu’on m’a fait subir. Et, vu que de tout temps j’ai été une asociale inadaptée à son environnement, autant garder les bonnes habitudes. Je vois pas pourquoi je changerais ma façon d’être moi. Enfin, il est temps que je crache ce morceau.

PASSÉ
Je suis la troisième née dans une famille de 5 enfants. Père absent depuis mes 2 ans (enfin, pas si absent, il a juste déménagé pour se mettre en ménage à 5 maisons de la nôtre), mère célibataire qui galère. Il y a beaucoup d’années d’écart entre mes aînés (ce qui n’a pas joué en notre faveur pour nous rapprocher), et mes cadets sont jumeaux. De base, déjà, j’étais isolée.

Rêveuse, complètement tarte, je préférais les bouquins aux vraies personnes. Socialement, j’étais – et suis toujours – une quiche. Il me suffisait d’être dans un groupe de personnes normalement constituées pour que j’aie envie de m’en séparer. Quitte à mettre des barrières de manière totalement inadaptée. Je n’étais pas comme eux, et ils allaient très vite le savoir. Donc, autant prendre les devants...

J’étais en primaire quand le harcèlement scolaire a commencé. Insultes, brimades, destructions de goûter, tout était bon pour les élèves de 3 et 4ème pour m’en faire baver. Ca a duré plus ou moins jusqu’à la fin de ma scolarité dans cette école. 3 ans donc. Ils avaient leurs petits surnoms favoris et rivalisaient d’ingéniosité pour me faire sentir que je n’aurais jamais dû exister. Je me rappellerai toujours du moment où, tous rassemblés, ils m’ont fait venir pour me mettre un bonnet d’âne confectionné par leurs soins. Ou du jour où ils ont eu l’idée de faire une pétition “contre” moi. Heureusement, cette pétition a suffisamment scandalisé d’autres élèves, qui ont fait une pétition “pour” moi...

Les adultes, dans tout ça ? Je ne sais même pas s’ils étaient au courant, et pourtant dans une école de 100 élèves ça paraît difficile à croire. Mais la pédagogie Freinet est pleine de mystères...

J’avais pas 9 ans quand j’ai fait ma première tentative de suicide, et c’était à l’école.

Je me suis assise sur le rebord de la fenêtre des chiottes, regardé le sol 3 étages plus bas, et imaginé ce qui se passerait si je sautais. La fenêtre donnait sur l’arrière de la cour de récré, mais ça n’a pas empêché des élèves de me remarquer. En moins de 10 minutes, j’avais à mes pieds une masse de petits cons scandant “saute!”.  J’étais tétanisée, incapable de leur donner cette joie, mais incapable de reculer. C’est finalement un autre élève qui m’a sortie de là. Les profs ? Je ne me rappelle pas en avoir vu un seul ce jour-là. Et par la suite, tout le monde a fait comme s’il ne s’était rien passé. Je crois que ma mère n’en a jamais rien su...

Quand je suis passée en secondaire, le premier jour de classe a été splendide. Surtout pour ma voisine de table.  Je crois qu’elle a senti que j’étais potentiellement faible, et n’a pas hésité une seconde à attaquer la première. Y’avait un trou dans la table, tellement énorme et poli par les ans que c’était pas possible de voir ça autrement. Mais elle m’a quand même accusée de l’avoir fait. Comme ça. C’était peut-être rien, mais le mal était fait. J’étais cataloguée Couarde, et leurs esprits étroits l’ont très vite imprimé. Pour mon plus grand malheur, une des élèves était une camarade de classe de primaire. Mes exploits passés sont donc très vite remontés à la surface. Et tout a recommencé.

Insultes. Arrachage de vêtements. Traces de bic dans le cou. Médisances et mensonges. Rumeurs. Déchets dans les capuches de mes pulls. Déchets dans mes affaires. Déchets dans ma tête. Pour eux, j’étais un déchet vivant ; ils m’ont jetée à la poubelle, littéralement.

Après un an, même les classes supérieures me connaissaient, car ils avaient entendu parler de “la débile”. Ca a duré 4 ans. Quatre années de brimades quasi constantes, causées par un petit groupe d’ados mal dans leur peau, et une myriade de spectateurs.
Avec le temps pourtant, mes harceleurs ont perdu de la force. Je n’étais plus qu’un jeu amusant de temps en temps. Comparé aux autres années, c’était limite supportable. Malheureusement, mes résultats scolaires n’étaient pas bons, surtout en maths, et j’ai dû redoubler.

J’étais dévastée. J’avais enfin réussi à “m’intégrer” dans cette classe, et il fallait tout recommencer. Déprimée de me retrouver dans une nouvelle classe pleine de gens que je ne connaissais pas, j’ai eu le malheur de noter mes états d’âmes sur un bout de papier, gardé dans ma trousse. Un des élèves l’a trouvé, et l’a lu. Et aucun d'eux n’a trouvé sympathique ma manière de les traiter de larves à peine écloses. Cette année-là, j’ai eu deux chances.

Avec l’épisode des larves, les élèves ont voulu me faire une “surprise” avec des trucs écrits au tableau, entre autres. Mais une fille les a engueulés et les a fait effacer leurs merdes (comme quoi, c’est possible).

Seconde “chance”, un autre inadapté est arrivé après moi. Petit et maladif, un peu couillon, il venait d’une école à uniforme. Et l’uniforme, à Decroly, ça passe mal. Les autres ne l’ont pas raté. Heureuse d’avoir un répit, et voulant le garder, je n’ai pas vraiment été tendre avec lui. Sans aller jusqu’aux crasses que les autres lui faisaient – dont lui balancer des chaises à la gueule, je rigole pas ! – je ne l’ai pas aidé non plus. J’avais trop peur d’être à nouveau une cible.

Si les élèves de ma nouvelle classe ont assez vite lâché l’affaire me concernant, j’ai eu plus d’emmerdes à cause des cours de sport. Les cours n’étant pas mixtes, on était deux classes mélangées. Mes emmerdes sont venues des filles de l’autre classe.

Dans cette classe, ils avaient des habitudes débiles, mais teeeellement cools, genre dire “Ooorphée” tout haut n’importe quand (sentez l’ondulation sur le O, c’est important). Mais, évidemment, c’était moi et mes comportements étranges qui ont attiré l’attention de ces crétines. Du coup, les heures de sport ont été plus que pénibles, à coup de head shots au ballon prisonnier, de laissée pour compte en faisant les équipes, sans compter les insultes et brimades, of course.

Cette fois, l’école n’est pas restée inactive. Sur ces 5 ans, il y a eu des conseils de classe, des réunions de parents, même un psy a été dépêché à cause de moi et de l’autre malheureux. Pour un résultat plus que discutable, certes, mais au moins il y a eu une réaction de la part du corps enseignant. Déjà t’as la honte de savoir qu’une classe entière déblatère sur “ton cas” (on me disait gentiment d’aller me balader dans l’école en attendant), mais en plus les belles résolutions des ados tenaient 3 jours. Je le sais, j’ai compté.

Dans cette classe, mon “intégration” n’a duré que deux ans. Pour la simple raison que, en rhéto, l’école ne pouvait accueillir que 3 classes et pas 4. C’est la nôtre qui a été splitée, pour mon plus grand bonheur... (Oui, c’est ironique.) Ces deux ans ont été “positifs”, dans le sens où, dans ma propre classe, j’avais fini par me faire une petite place. Mais je restais une inadaptée malvenue ; même des membres de ma propre famille avaient honte de moi. Je crois que c’est toujours le cas d’ailleurs, même s’ils sont trop adultes pour le dire...

En rhéto, j’ai “recommencé” à déprimer (comprendre : je broyais du noir plus fortement que d’habitude). L’angoisse du Que vais-je faire de ma vie associée au reste m’a laminée. Je me taillais le poignet avec une paire de ciseaux en classe, que je cachais avec un bandana noir. Quand j’ai enfin décidé de le montrer à ma mère, sa réaction a été : “Oh, arrête avec ces bêtises!”. Je sombrai, une fois encore.

J’étais trop marquée par tout ce que j’avais vécu auparavant. Le jour des mes 18 ans, je me suis coulé un bain, ai mis de la musique, préparé mon journal bien en vue, et pris un couteau. Je me suis loupée sur toute la ligne : le bain était trop chaud, le couteau n’entamait pas ma peau. Encore un appel à l’aide loupé, ignoré de tous.

Après Noël, j’ai commencé à discuter avec une fille de ma classe. Elle m’a invitée à une sortie à la campagne, avec d’autres potes. D’autres laissés pour compte, blessés par la vie, par les gens. J’ai assez rapidement intégré cette bande. C’était la première fois que j’avais des amis.

Ces amis sont devenus ma seconde famille. Même après l’obtention de notre diplôme pour certains, nous sommes restés en contact étroit.

Ce qui m’amène au

PRÉSENT
Aujourd’hui, ma confiance en moi est tellement rabotée qu’elle est presque inexistante. Pendant longtemps, j’ai été incapable de gérer un conflit, incapable d’affronter l’autre. Diverses rencontres m’ont fait évoluer dans la bonne direction, et je prends sur moi pour gérer mes lacunes, mes peurs et mes angoisses de ce point de vue. Je me rebelle, petit à petit. Je compense par un comportement choc, genre “regarde comme je suis sûre de moi” ou bien “regarde comme je suis dingue, fuis-moi!”. Ca marche, parfois trop bien.

Aujourd’hui, je suis toujours considérée comme “la spéciale” de la famille. Celle qu’on n’ose pas trop inviter, de peur que je sois trop inconvenante. Ca m’a fait très mal, mais j’ai pris petit à petit mes distances. Je n’essaie plus de faire semblant d’être quelqu’un de “normal”. A quoi bon ? Je suis cataloguée. Cette étiquette n’a pas que des désavantages, je fais un peu ce qui me chante, et vu que tout le monde se doute que je vais faire un truc dingue et socialement (très) désapprouvé, ça me laisse du champ libre. Faut dire aussi que j’aime la choque, et c’est pas super bien vécu par tous, que ce soit la famille proche ou éloignée.

Aujourd’hui, je suis mariée à un homme aimant (même si peu romantique) et adorable. Il sait tout de moi, et m’a acceptée comme je suis, avec mes foutus bagages. Moi qui pleurais chaque soir en pensant que j’allais finir seule et que personne ne m’aimerait jamais, voilà une belle revanche. Enfin, elle serait vraiment belle si j’arrivais vraiment à y croire. J’ai toujours des doutes, des moments de déprime, des moments noirs. La mort est toujours une seconde compagne, qui me rend visite de temps en temps et me fait broyer du noir. Je n’en suis plus à essayer d’attenter à mes jours, je ne fais plus qu’y penser, par moments.

Aujourd’hui, mes amis sont devenus ma famille. Pas une seconde famille, MA famille. Certains ont été mes témoins. On s’est un peu dispersés dans l’espace et le temps mais, même si on se voit pas si souvent qu’on le voudrait, ce sont des gens sur qui je peux compter, qui seront toujours là pour moi, et je leur rendrai la pareille sans hésiter une seconde.

Aujourd’hui, j’ai rencontré deux jeunes fantastiques, qui sont devenus mes enfants adoptifs (fiston, si tu me lis, j’aimerais de tes news, ça manque!). Je les considère comme s’ils étaient ma chair et mon sang. Quoi de plus normal, quand on se reconstitue une famille ? C’est encore assez neuf, et j’en reviens pas de voir cette magnifique et talentueuse jeune femme qui m’appelle “maman”. A chaque fois, c’est un coup au coeur, dans le bon sens. Je vous jure, celui qui touche à mes gosses, il va voir sa gueule...

Aujourd’hui, j’aime DES gens, pas LES gens. Une manière de me protéger, c’est clair. Quand je vois tous ces cons qui déambulent, j’ai du mal à ne pas les mépriser. Je suis une élitiste condescendante qui s’assume (pas). Au fond de moi, je suis toujours une quiche, et j’aurai tendance à vous donner ma culotte même si vous êtes habillé. Je suis trop gentille, je donne trop, et mon coeur couturé supporte mal les attaques. Je me remets toujours en question, je fais trop attention aux autres. Je surveille toujours que personne n'est abandonné, oublié. J’oscille entre amour et haine, au gré des heures et des rencontres... J’ai peur qu’on me déteste, et le regard des autres est une plaie dont je n’arrive pas à me défaire.

Aujourd'hui, tout n'est pas noir non plus. Ces épreuves m'ont fait grandir, et même si je ne dirai jamais merci à ces gens, je suis à présent une femme taillée dans un roc. Je suis pleine d'entailles, j'ai souvent plié, mais jamais je ne romperai. Ma volonté de fer (sauf pour faire du sport), je la cultive, et un jour peut-être, j'arriverai à surmonter les fantômes du passé. Rien ne m'enlèvera ma capacité d'aimer et d'être aimée. En tout cas pas longtemps.

Aujourd’hui, je rendrais riche un mauvais psy – et un bon aussi à mon avis. Ayant vu des proches faire des thérapies sur 10 ans pour peanuts, cette aventure ne me tente pas du tout. Je préfère réfléchir de mon côté. Bon, c’est pas très efficace comme méthode, et il arrive que je doive affronter des crises d’angoisse avec les moyens du bord. Je ne suis qu’au début d’un long chemin, et je me tâte encore pour savoir si j’ai envie de le parcourir. A voir dans le..

FUTUR ANTÉRIEUR
Comme dit plus haut, thérapie ou non, franchement, je sais pas trop. Mon psy de mari (ouais, j’ai fait fort. Nous nous sommes trouvés, ha. ha.) voudrait que j’en fasse une avant qu’on aie des gosses. Ce serait bien, ouais. Mais vu comme je hais le monde et les gens, l’envie de me reproduire me taraude de moins en moins. Faire un gosse, pour qu’il vive potentiellement toutes les merdes par lesquelles je suis passées ? Je suis peut-être maso, mais je souhaite ça à personne.

Enfin, si. Je le souhaite pour mes harceleurs et spectateurs. Pour ceux qui m’ont fait vivre un enfer, simplement parce qu’ils étaient mal dans leur peau, ou simplement morts d’ennui. J’aimerais les voir souffrir comme j’ai souffert, j’aimerais les voir rater leur vie tout comme ils m’ont fait rater la mienne.

C’est peut-être nul comme final, j’en suis consciente. Mais la colère est tout ce qu’il me reste de ces années perdues. J’ai 30 ans maintenant, plus de 10 ans ont passé, et pourtant ça me hantera toujours, plus ou moins fortement. Il y a toujours des rechutes. La vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Par hasard, j’ai été en contact mail avec un de mes anciens principaux tortionnaires. Il m’a envoyé des excuses. J’avais répondu de manière assez sèche, avant de me torturer en me disant que j’avais pas été très sympa (encore ce foutu besoin qu'on m'aime malgré tout). Ce n’est qu’en voyant la vidéo de Shane Koyczan que je me suis rappelée à quel point j’avais souffert, et à quel point de simples excuses ne sont pas suffisantes. Quand j’imagine ces gens qui ont participé (activement ou passivement) à mon calvaire, j’ai qu’une envie : leur coller un gros poing américain dans la face, et qu’ils en crachent toutes leurs dents. Si vous me reconnaissez, prenez-en note. Je me suis mise au tricot, et les aiguilles font 40 cm de long. Beware.


Pour finir, j’aimerais dire que le harcèlement scolaire n’est pas une fatalité. On peut le combattre, qu’on soit victime, bourreau ou spectateur. Il n’y a pas de petite violence. Il n’y a pas de petite conséquence. Ceux qui torturent quelqu’un en se disant que ce n’est qu’un jeu devraient être repris en main immédiatement, car ce n’est pas un comportement normal.

Je suis encore sur le CUL d’avoir lu ça dans un témoignage sur MadmoiZelle. Comment peut-on faire du mal à ce point sans s’en rendre compte ??? Ca me dépasse complètement ! Quand j'imagine mes tortionnaires et leurs spectateurs, vivant leur vie sans souci, alors qu'ils ont marqué la mienne au fer rouge, ça me rend dingue. Je n'ose même pas les imaginer se dire que, tiens, au fait, c'était vraiment méchant, ce qu'ils m'ont fait ? Ca crevait pourtant les yeux. 

Certes, certains harceleurs se rendent compte des conséquences de leurs actes, parfois ils se repentent. Moi, personnellement, j'ai pas encore vraiment vu la queue d'un (ou à moitié, on va dire). Celles et ceux qui ont témoigné sur le site (parfois à visage "découvert") ont du mérite, oui. Ca mérite du respect, pourquoi pas. Mais ça n'enlève pas le fait que, à cause de leurs choix/sensibilité/autres, ils ont blessé des gens qui, parfois, ne s'en relèvent jamais.


Il est possible que la personne harcelée s’en sorte seule, mais c’est rarement le cas. Quand l’estime de soi est complètement détruite, n’allez pas en plus demander qu’on s’en sorte seul. Nous sommes tous responsables, et nous avons tous le devoir d’agir dans le bon sens.

N’attendez pas 10 ans.



Sarah Dermine

28 commentaires:

  1. J'admire ton courage. Je n'ai jamais pu parler de ce que j'ai subi, de la maternelle jusqu'en troisième, ni à l'oral, ni à l'écrit. Mon copain sait brièvement que j'étais une 'souffre-douleur' mais ça s'arrête là. Merci d'avoir écrit ça, ton article me donnera peut-être la force d'en parler, de longues années après ? Qui sait...

    Un grand merci.

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    1. Je suis contente que cet article t'ait parlé, et j'espère que tu pourras le faire à ton tour un jour...
      C'est pas facile, ni à vivre, ni à se souvenir. Un jour, peut-être que toi aussi tu auras envie de dire un grand fuck au monde :)

      En attendant, courage miss.

      Sarah

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  2. Merci beaucoup, BEAUCOUP, pour ton témoignage.

    Dans l'ensemble, je n'étais ni harceleur, ni trop harcelé durant ma jeunesse, et il est difficile, effectivement, de se rendre compte des dégâts que cela peut faire quand on ne vit pas cela de l'intérieur.

    Etant parent d'un petit garçon de 6 ans (qui illumine la vie, crois-le ou non), ton texte est une belle piqûre de rappel, pour qu'on soit attentifs à ces choses. Le soutenir et agir, ou lui faire comprendre la portée de ses actes, selon le côté de la barrière vers lequel il penche.

    A part ça, je ne peux que te (vous) souhaiter trente années à venir beaucoup plus radieuses. Ca devrait le faire, non?

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    1. Salut Nounet,

      Oui, j'espère de tout coeur que les années à venir seront belles, avec ou sans enfants! Y'a des années que je fais le même voeu: être heureuse. J'y arriverai un jour, je pense. En tout cas, entourée comme je le suis actuellement, ça devrait le faire.

      J'espère que ton fiston n'aura pas à choisir un jour un côté. Que ce soit l'un ou l'autre, finalement, on est toujours perdant. Avec un/des parent/s attentif/s, il devrait pouvoir s'en sortir et être guidé dans ses choix ^^

      Je suis sûre qu'avoir un gosse illumine la vie de certains, et il est probable que la venue d'un mini bout me comble. Y'a des moments avec, des moments sans. A 30 ans, je suis pas encore trop périmée et je me laisse encore le temps d'y penser...

      Merci pour ton attention et ton message :)

      Sarah

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  3. Putain, c'est dur... Woaw, c'est tellement bien écrit, j'en ai une boule dans la gorge. Moi qui ai vécu le dixième de ce que tu as subi et en ai tellement souffert, j'admire la force de caractère qu'il ta fallu pour t'en sortir et bénis ceux qui t'y ont aidée. J'avais occulté pas mal de sentiment que j'avais éprouvé en cette époque lointaine et toi, tu mets des mots dessus. J'ai ce que l'on peut appeler "le coeur sur la main" mais pour ceux qui ont fait de ma première année au collège et déterminé ainsi le reste de ma vie, il n'y a nul pardon possible. Parfois je veux me faire mal et cherche leurs noms sur Facebook, histoire de voir leur tronche de con 30 plus tard mais rien, nada, juste un visage, comme si les autres s' étaient évaporés. J'espère juste que leur vie est aussi pourrie que la mienne le fût en 1979, entre autres.

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    1. Hello Frivole,

      Je crois que, quelle que soit la manière dont on la prend, une souffrance est une souffrance. Qu'elle soit physique ou mentale, on a tous un seuil de tolérance différent. Du coup, les gens en souffrance sont ce qu'ils sont; des gens en souffrance. Que ce soit un peu ou beaucoup, finalement, quelle importance? Ce qui importe, (en tout cas selon moi) c'est que cette souffrance soit reconnue, et que quelqu'un essaie d'y remédier.

      C'est marrant que tu parles de recherche sur Facebook, combien de fois ça ne m'est pas arrivé de faire pareil! Au final, j'ai beau avoir eu la force de "m'en sortir", je reviens malgré tout à toute cette merde. Je voulais voir un bout de leur vie, vérifier s'ils étaient heureux.
      Et puis je me suis rendue compte que beaucoup d'entre eux avaient des profils bloqués, avec peu de choses visibles dessus. J'ai laissé tomber ma traque, un peu par dépit, un peu par ennui.
      Parce que, de toute manière, même si j'allais à leur contact, que leur dire? Leur demander des excuses? Je suis trop fière. Je me suis trop battue. Ils m'ont enlevé beaucoup de choses, mais j'ai eu la chance de garder ma fierté, et l'espoir. Et puis, franchement, des excuses, en ais-je vraiment besoin? J'en sais rien. Je pense pas. Le mal a été fait, et il restera là tant que je n'y mettrai pas un terme. Avec cet article, j'ai voulu tirer enfin ce trait.

      Ca n'a pas été facile. Pendant longtemps, vu que je n'étais rien, que je n'avais aucune importance, j'avais envie de mourir en emportant avec moi tous les malheurs du monde, histoire de servir à quelque chose.
      Finalement, ils ne m'ont jamais enlevé ma bonté, mon envie de croire en l'autre. Marrant comme du mal peut naître un bien...

      Chacun se raccroche où il le peut. Il le faut. Sinon, on ne serait plus là depuis longtemps. J'espère que tu as gardé ta flamme, ton espoir, ce petit quelque chose qu'on ne pourra jamais briser chez toi. Bienvenue parmi les diplômés de la classe "On l'a fait". Ils avaient tort, et on est là pour le prouver.

      Merci beaucoup pour ton message. Ca fait du bien de partager tout cela. :)

      Sarah

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  4. Hello Sarah,

    Ton témoignage fait remonter pas mal de choses que j'ai vécues lors de ma 1ère année d'internat, j'avais 12 ans et ça a été l'enfer. Nous étions 2 à le subir et nous nous réconfortions du mieux que nous pouvions. L'année suivante, j'ai décidé que je ne pouvais pas continuer dans cette voie car je savais que mon calvaire serait long de 5 autres années et j'ai donc pris sur moi de modifier mon comportement et de passer dans l'autre camp! Je suis devenue dure et même parfois méchante allant jusqu'à donner des coups pour bien montrer que je ne serais plus un souffre douleur et ça a fonctionné, parfois au détriment de mon amie, hélas! C'est la loi du survivant...Nous sommes restées proches et je la défendais pour le coup, menaçant tous ceux qui osaient encore lui faire du mal! Drôle de monde dans lequel nous vivons! Je n'ai jamais supporté les gens qui s'attaquent aux faibles, quand mes enfants se faisaient attaquer par des plus grands qu'eux, je devenais une vraie furie et débarquais pour leur faire comprendre qu'ils avaient intérêt à prendre quelqu'un à leur hauteur comme moi, ça calmait tout de suite! J'ai toujours pris au sérieux lorsqu'ils se sont plaint de harcèlement scolaire et pris mes renseignements, je ne voulais pas qu'ils subissent la même chose que moi mais je voulais aussi qu'ils apprennent à se défendre car on ne peut pas tout faire à leur place.
    Au final, je suis aussi une personne qui pense avant tout aux autres et qui dit sans arrêt, ma bonté me perdra!!!!!
    Bonne continuation

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    1. On survit de bien des manières à ce qu'on nous fait subir. Parfois on arrive à surmonter ça, parfois pas. Tu as su trouver un chemin pour te préserver, et préserver les autres, et ça c'est fantastique. Bonne continuation à toi aussi.

      Sarah

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  5. Saches ma Sarah que nous sommes là pour croire en toi, même si toi tu as du mal à le faire. Tu as fait quelque chose de fabuleux, tu t'es recréé une famille, c'est quelque chose qui prend des générations et des générations une famille et en plus il y a le lien filial qui aide, mais toi non tu es parti de rien et tu as recréé ta propre famille. Nous sommes un peu des électrons gravitant autour de toi, des planètes entières autour de notre soleil. Ce qui est beau dans notre famille, c'est surtout pour moi que chacun est le soleil de l'autre, peut être parce que nous manquons tous de cette confiance en nous qui est si précieuse.
    Je ne suis pas passée par les chemins que tu as connu parce que j'ai refusé ça. Sans doute étais-je plus forte, mais visiblement pas assez forte que pour protéger tous les gens qui se trouvaient autour de moi. Ca fait 19 ans que tu gravite dans mon champ de vision mais sans doute étais tu trop large pour pouvoir t'aider? Moi j'ai un autre syndrome, je ne vaut rien donc je ne peux vivre que pour les autres. D'ailleurs je suis née pour ça. Pour rendre mes parents heureux, pour aider mes soeurs, pour être la petite fille parfaite. Et je l'ai été longtemps jusqu'à ce que tombe les masques. Je ne sais toujours pas au final qui je suis vraiment à tellement avoir voulu faire plaisir. A être tellement sensible que je ne pouvais supporter de voir des gens comme toi souffrir par la bêtise et la méchanceté d'autres qui moi aussi me faisaient peur, mais qui "Alléluia" n'ont jamais osé m'attaquer.
    Il y a mille façon de souffrir sa jeunesse et d'en traîner les stigmates toute une vie, mais au final ne faut-il pas simplement s'en foutre? C'est vrai, c'est horrible et peu de gens savent à quel point tu as pu souffrir, mais tu te fais du mal à toi même en refusant de lâcher ce fardeau qu'ils t'on posé sur les épaules. Tu le dis toi même tu possède les outils à présent pour leur faire un gros doigt d'honneur à tous.

    Suite Second comm >>

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  6. Ce que je pense moi c'est que ce n'est pas les gens qui t'on rendue peu confiante, ils ont simplement profité du fait que tu l'étais. Je le suis sans avoir eu à porter les déchets des autres en guise article fashion et mercredi soir encore, je pleurais dans les bras de mon ours parce que j'avais simplement l'impression d'être moins proche de vous que j'avais peur que vous ne m'aimiez plus. Parce que sans soulever la terre pour vous faire plaisir je ne me sens peut être pas digne de la chose merveilleuse qu'on partage.

    Nous avons tous des faiblesses affreuses. Je suis beaucoup trop sensible et quand on me taquine même si je sens l'ironie, même si je sais qu'il n'y a que tendre amusement derrière, quand ça vient des gens que j'aime c'est tout mon monde si fragile qui s'écroule.
    Tu vois on peut porter des masques et les porter si bien que même la famille peut y croire. Je m'améliore, je dis stop quand c'est trop dur pour moi mais on ne me comprend pas toujours. On me croit peut être mal lunée, j'en sais rien.

    Le plus amusant avec tout ça c'est que maintenant que je me suis moi même démasquée, j'ai l'impression que chacun fait pareil et j'interprète le moindre manque d'attention ou le moindre mot de travers comme quelque chose de déchirant.

    Nous sommes toute deux des personnes cassées pour des raisons différentes mais quand je vois le peu d'effet que des bras rassurants et la voix de celui que j'aime pour me rassurer quand je doute, j'ai du mal à croire que mes mots puissent réellement t'aider à te rendre plus sûre de toi. C'est un chemin qu'on fait seul et je crois pas que péter la gueule aux gens soit une solution même si je comprend ton envie.

    Ce que je voulais te dire par ce petit mot c'est que tu n'es pas seule, qu'on avance côte à côte. Même si on ne peut pas s'aider de façon directe, nous pouvons être la nourriture qui nous permettra d'un jour passer au dessus de tout ça et de tourner la page. De croire en nous pour ce que nous sommes puisque les êtres que l'on aime le plus ont décidé de le faire. J'aimerais pouvoir te faire confiance quand tu vois en moi quelqu'un qui "SWAG" mais même si j'accepte que ce soit ton point de vue, je ne le ressent pas encore comme ça.
    Quoi qu'il en soit lâchons peut être prise et faisons tous confiance parce que tu es quelqu'un d'extraordinaire...

    La fille qui t'a un jour invité dans la campagne à Noël...

    Je t'aime

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  7. Bonjour,

    Un témoignage très fort, dans lequel je me reconnais. Ma violence était plus verbale que physique. Je dois aussi reconnaître que je ne pense pas avoir subie autant de brimade. Mais la souffrance est là. De plus, j'ai subi le même schéma que ma mère (handicapée physique légère, donc pas de fauteuil, mais réactions physiques lentes), qui a été traitée de monstre pendant des années, car les handicapés même légers étaient cachés à l'époque. Souvent je me suis retrouvée à pleurer dans ses bras, souvent je n'arrivais pas à parler tellement mes sanglots prenaient ma gorge. Dans ma tête, c'étaient tous des salauds, des gens sans cœur qui devaient mourir. J'ai écrit une lettre de suicide, seule une prof a réagit pour m'en empêcher. Je me suis construite une carapace (que seul mon homme arrive à percer), pas de confiance en moi (excepté quand je disais à la personne en face ces quatre vérités et qu'elle pleurait), déstabilisée à la moindre petite remarque (que ce soit à l'école ou en famille). Mais je ne vais pas te faire un discours, tu sais très bien ce que cela représente comme dégâts psychologiques.

    Puis j'ai quitté ce monde de débiles qu'était le collège et le lycée. Je suis allée à la fac, je suis entrée dans le monde du travail pour réfléchir à mon avenir, à ce que je voulais faire. Cette période n'a pas non plus été dans le pardon, même si mes bourreaux se sont excusés. Sur mon chemin professionnel, j'ai croisé des personnes qui sont à présents mes ami(e)s. J'ai appris que tous ont été bourreaux dans leur jeunesse. La gêne s'installe quand je dis que j'étais de ceux qui ont subis les violences. Et je ne leur en veux pas, parce que chacun à son histoire.

    J'ai aussi beaucoup discuté avec ma mère. Elle m'a expliqué qu'à cause de son handicap (elle se fait traiter de bourrée très souvent dans la rue), elle s'empêchait de vivre les choses. Il m'a fallu deux de travail acharné pour que je la fasse sortir, qu'elle s'inscrive dans une association, qu'elle se fasse des amies. Et je la vois revivre, c'est une grande joie pour moi! Parce qu'elle culpabilise moins de son handicap. La voyant revivre, je me suis posée des questions. Et depuis un an, j'ai commencé une formation.

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  8. SUITE

    Cette formation, c'est l'éducation spécialisée. Dans ma promotion, j'ai pu rencontrer des personnes d'horizons différents, qui sont à mon opposé ou proches de ce que je suis. Beaucoup sont en train de devenir des personnes vraiment proches. Et je sais aussi qu'ils deviendront de vrais ami(e)s sur le long terme, parce qu'on se soutient et que jusqu'à présent, chacun à été là pour l'autre. Durant cette formation qui dure trois ans (je vais passer en deuxième année), il y a des stages. On partage tous sur nos expériences et j'écoute beaucoup ceux qui sont en MECS (Maison d'Enfants à Caractère Social) et en ASE (Aide Sociale à l'Enfance, anciennement la DDASS). La souffrance de ces enfants est, je trouve, incomparable à ce que j'ai pu subir. De plus, ces violences sont faites par leur entourage proche, leur famille. Je parle d'attouchements, de violences physiques et morales de toute sorte. Alors forcément, ils répondent par la violence sur les autres enfants car ils ne connaissent aucune autre façon de communiquer.

    Je ne dis pas que tous les bourreaux ont subis des violences et que c'est justifié, je dis juste que chacun à ses blessures et qu'à cet âge là, on a pas le recul pour réfléchir à ce qu'on fait ou dit. On ne fait que reproduire ce qu'on sait, parce qu'on a aucun autre modèle. Avec mon futur métier, je vais être confronté à beaucoup de choses qui seront contre mes croyances, et j'en suis contente, parce que cela m'aidera à évoluer, à voir les choses d'un autre œil, et de me dire que rien n'est acquis dans la vie.

    Je sais que je vais avoir encore un long chemin pour pardonner à mes bourreaux, car ils étaient des enfants de riches, et que j'étais la fille du pauvre. Je sais juste qu'ils l'ont faits via un phénomène de groupe. Mais je sais maintenant qu'il n'y a pas que le souffre douleur qui lance des appels à l'aide.

    En espérant que ce témoignage ne te heurte pas, et qu'il peut t'aider, ou pas.

    Bonne journée

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    1. Bonjour Joëlle,

      Ton témoignage est précieux, comme tous les autres.
      J'ai beaucoup réfléchi au phénomène de harcèlement, et ai beaucoup évolué dans ma manière de voir les choses, depuis que j'ai publié ce texte. Autant je n'ai eu aucun retour des personnes concernées directement (à part ma famille de coeur), autant j'ai reçu plusieurs témoignages comme le tien, ou des marques de soutien. Et ça fait du bien.

      Que les bourreaux soient des personnes en souffrance, je n'en doute pas une seconde. Cela peut être le reflet de la violence dans leur cadre de vie, ou au contraire l'absence de liens familiaux. Quoi qu'il en soit, on ne se retrouve pas bourreau ou victime "par hasard".

      J'ai eu du mal à accepter le fait qu'un bourreau puisse souffrir lui aussi. Mais depuis, j'ai compris que cela est un fait, et non une justification à son comportement. Ce genre d'évènement (pour moi) n'est pas justifiable. Personne ne le mérite. Y'a des explications au phénomène, mais ça s'arrête là. On est tous responsables des choix que nous faisons, dans notre intérêt ou non.

      Je peux parler, je sais! Mais j'ai également fini par accepter le fait que, moi aussi, je suis responsable des choix que j'ai faits. Du choix de me soumettre, de me taire. Ca n'a pas toujours été le cas, le ras-le-bol aidant, mais globalement je me suis laissée faire. Je n'aurais pas dû, tant pis pour moi... D'un autre côté, y'avait aussi la peur que, si je me rebellais, il n'y aurait aucun changement... Bref, c'est un long débat.

      Concernant ton histoire, je trouve moche que des gens s'en prennent à des personnes faibles physiquement ou mentalement. Quel que soit le degré de faiblesse d'ailleurs. Mais tu as réussi à t'en sortir, et en plus à sortir une autre personne de cette misère! Et ça, c'est fantastique. C'est énorme. C'est une revanche splendide sur ton passé, ton histoire, sur les gens qui t'ont traîné dans la boue. Bravo.

      Evidemment, la souffrance reste toujours, mais je crois qu'avec le temps on peut s'en défaire, et vivre enfin. Car 'est là le plus beau cadeau que l'on puisse se faire: devenir quelqu'un de bien, malgré tout.

      J'espère que le futur te réservera le meilleur.
      Merci pour ton message.

      Sarah

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  9. Bravo pour ce texte bien ficelé, c'est une retranscription plutôt fidèle de ce que nous les souffres douleurs avons vécu, je me suis en grande partie reconnu dans ce texte même si mon calvaire fut moins long que le tien et plus épisodique, je dirais que j'ai connu plusieurs période comme celle dont tu témoignes, l'une d'entre elle fut particulièrement éprouvante.

    Le pire étant que les adultes peuvent se rendre complice de telles comportements destructeurs sur les personnes fragiles et celles que le sont moins, soit par leur inaction soit par une attitude active. Car il ne faut pas se leurrer certains adultes qu'ils soient professeurs ou toute autres personnes ayant autorité sur les enfants et les adolescents, ont aussi des comportements tous aussi inacceptables que ceux de jeunes gens violents et je trouve cela vraiment très grave. Ils sont censés montrer le bonne exemple et faire preuve d'indulgence à l'égard de ceux et celles qui n'arrivent pas à suivre le rythme, ou qui sont à côté de la plaque et aussi les plus fragiles que ce soit physiquement ou mentalement.

    J'ai bien connu ce type de situation quand je suis rentré en sixième avec le monstre qui était mon professeur principal, une horrible bonne femme, grossière et laide. Elle n'a pas cessé de me rebaisser, pour moi tout cela est assez flou et heureusement. J'ai moi aussi connu pendant cette période un harcèlement continuel, la destruction de mon matérielle scolaire j'en passe et des meilleurs. Le comportement de cette professeur ne les pas incités à se calmer, tout au contraire.

    J'en ai connu d'autre après mais ce fut le cas d'individus isolé, et j'avais quelques amis même si parfois ils étaient lâches, j'avais plus de répondant et les professeurs recadrer plus ces fauteurs de trouble.

    Effectivement je trouve que comme toi on a trop tendance à excuser ce type de comportement, à tenter de l'expliquer par des trouble psycho affectif alors que ce n'est pas toujours le cas, plus souvent qu'on ne le pense c'est fait par simple sadisme et par conformisme à un caïd. Oui il existe de véritable psychopathe qui ont une emprise sur les autres et qui choisissent un ou plusieurs souffres douleurs .
    Mais dans notre beau pays les spécialistes ont tendance à expliquer tout comportement antisocial par un problème psycho-affectif (et ça retombe souvent sur la mère, la pauvre elle à le dos large mais le père s'en tire souvent à bon compte) mais tous les enfants qui connaissent des problèmes de mauvais traitement ne deviennent pas des tyrans en puissance, et les petits tyrans ne sont pas toujours des enfants mal traités. Certain on le vice dans la peau et je pense que c'est congénital et qu'il faut laisser les mères tranquilles.

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  10. C'est encore moi, je n'ai pas terminé mon développement car j'ai oublié d’écrire certaines idées.

    Donc quand des adultes sont complices de ce genre de faits soit de façon active ou de façon passive ils dérogent complètement à leur rôle d'adulte, car ils sont responsable de leurs actes et des jeunes qui sont sous leur responsabilité et c'est pourtant leur rôle d'adulte que d'arrondir les angles entre jeunes, de modérer les ardeurs de ces derniers. Il est très décevant que des adultes aient ce type de comportement.

    On ne doit pas non plus stigmatiser les jeunes qui sont victimes de percutions, il ne sert à rien de les blâmer car ce n'est pas de leur faute, je trouve très énervant d’imputer au victime leur statut.
    Ce sont les gens qui les martyrisent qui sont responsable alors qu'ils devraient faire preuve d'indulgence, de tolérance, d'empathie et de bienveillance. Mais au lieu de ça ils vont profiter de la vulnérabilité de leur(s) victime(s) car ils sont lâches, Ils ne seraient pas capable de s'en prendre à une personne qui sait se défendre ce qui en fait justement des lâches. Ils sont à l'affut, même inconsciemment, du moindre comportement divergent, de la moindre faiblesse.
    Ils sont incapable de comprendre les problèmes des leurs victimes, car ils ce sont des gens borner.

    Oui les victimes aussi peuvent être victimes de mauvais traitements dans le cadre familial qu'ils soient physiques ou psychologique, ils sont donc doublement victime. Le fait de se faire malmener par sa propre famille, d'être délaissé, d'être surprotéger et infantilisé n'aide pas à avoir confiance en soit, à avoir conscience et confiance en ses propres capacités, de son potentiel. Il faut donc aussi faire preuve d’empathie et de bienveillance à l'égard de ces personnes plutôt que de les montrer du doigt, ça ne fait que remuer le couteau dans la plaie. Ils ne contrôlent pas leur attitude de victime.

    J'ai souvent tendance à me sentir coupable de mon statut de victime, ça me poursuit dans la vie de tout les jour.

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    1. Hello miss,

      Je me rends compte que j'ai oublié de te répondre, mea culpa!!

      Lorsque le harcèlement est initié ou guidé par un adulte, c'est le pire selon moi. Les gosses voient alors une "normalité" dans des comportements qui ne le sont pas... Et pourquoi se remettre en question, si un adulte (et un prof, putain!) fait pareil qu'eux?
      Un tel comportement est criminel. C'est ignoble, et cela ne devrait pas arriver. Malheureusement, il y aura toujours des gens incapables de faire la part des choses, qui sont aigris, jaloux ou tout simplement assez cons pour faire des trucs pareils. C'est dommageable pour tous, victimes comme bourreaux, et personne ne s'en sort... Triste..

      Comme tu le dis, bien souvent les mères sont blâmées lorsqu'on voit un enfant sensible psychologiquement. Normal, c'est pas à elle se s'occuper de son gosse? Et pourtant... A nouveau, on fait des raccourcis, on se fie au vernis des choses sans le gratter, sinon on devrait se remettre en question. Et beaucoup de gens ne sont pas prêts à le faire... Combien de fois j'avais les yeux rouges d'avoir pleuré, et quand quelqu'un me demandait si ça allait, il suffisait de répondre "oui" pour qu'ils aillent voir ailleurs. J'aurais répondu "non", ils auraient été bien emmerdés...

      Les victimes, dans tout ça, doivent se dépêtrer avec ce truc qui leur pèse sur le dos. Être une victime n'est pas une chose honteuse, contrairement à ce que la majorité des gens pensent. Être victime, c'est un fait, pas une tare.
      Ca ne sert effectivement à rien de dire que la victime est responsable de ses malheurs. C'est ridicule. Mais je pense que, quel que soit ce que l'on a vécu, une victime a le droit de se dire "Bon, ok. J'ai souffert. A cause de ça, à cause d'eux. Mais là, je les emmerde, et je vais aller de l'avant.". Ne fut-ce que pour montrer à ces connards que, malgré ce qu'ils ont fait (ou omis de faire), on avance, et on vit notre vie.

      Se sentir coupable de son statut de victime, c'est être puni deux fois. Ca n'en vaut pas la peine.
      Pourquoi croire des gens qui nous voulaient du mal? Avaient-ils raison?
      La réponse est non, doublement non. Ne l'oublie pas...

      En gros, ce problème de harcèlement, qu'il soit scolaire, sexuel, moral, au boulot ou autre, ce n'est jamais une histoire simple.

      Courage. Être victime est un fait, pas une fatalité. Et il ne tient qu'à nous de tenir en main notre chemin de vie.

      Sarah

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  11. Ouah.

    Je suis sur le cul. Bon OK, je suis déjà assise, mais quand même.

    J'ai l'impression de voir ma vie, même si ma vie à moi, elle a été moins pire (oui, ça se dit, j'ai décidé) Mais les brimades, les filles qui se liguent contre moi à la primaire où le pilier du préau était mon seul ami, les faux amis qui te crachent dessus et profitent de toi au collège, la sensation d'être différente, pas comme il faudrait, pas dans le moule, le lycée et l'internat où de toutes les années - nombreuses - qu'à vu le proviseur, il n'avait jamais vu un tel comportement (ma porte de chambre décorée de préservatifs, tampons usagés, j'en passe et des meilleures)...

    La tentative de suicide, les anti dépresseurs, les sex friends parcequedetoutefaconjeméritequecajevauxpasquonmaime, le poids qui grimpe de plus en plus toutes ses années, le sentiment que personne m'aimera jamais...

    Et puis aujourd'hui cet Homme formidable, notre vie à deux, mes vrais amis, l'envie d'être moi sans me cacher, quelqu'un qui m'accepte avec mes crises d'hyperphagie (qui ont disparues grâce à lui) et mes démons quand parfois le dimanche ils reviennent... Aujourd'hui j'ai 30 ans dans quelques jours, et pour la première fois : je ne suis pas dans la norme et j'en suis heureuse.

    Ah, d'ailleurs : je m'appelle Sarah.

    :)

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    1. C'est dingue comme un bout d'histoire peut faire monter les larmes aux yeux...

      On n'a pas la même histoire, mais d'une certaine manière on a vécu la même chose..
      Et cette idée qu'on finira seule, quoi qu'il arrive, qu'on traîne et qui colle à notre peau... Putain, comme j'en ai chialé, c'est dingue.

      Je suis désolée de savoir qu'une autre Sarah a eu une adolescence de merde à cause de connards désaxés persuadés d'être normaux... Mais heureusement on a toutes deux rencontré l'Amour, et on va montrer à tous ces divorcés ce que c'est le "pour toujours" :D

      Merci d'avoir partagé ton histoire, ça me touche beaucoup. Vraiment.

      Profite de tes 30 ans, chérie, tu vas voir, c'est de la balle (malgré ce qu'en disent les magazines féminins)!

      Sarah

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  12. Ne t'inquiètes pas, je suis heureuse d'avoir 30 ans ! Car je m'aime, chose que je découvre depuis peu de temps. Je ne voudrais pas revenir en arrière, c'est ce qui a fait de moi ce que je suis, meme si le constat est douloureux.

    J'ai eu les larmes aux yeux en lisant ton texte, et moi aussi je peux t'assurer que des soirées à penser qu'on finira seule, à pleurer toutes les larmes de son corps, j'ai donné... Les coups d'un soir pour oublier ça, alors que le contrecoup est pire...

    Mon Homme, j'y suis allée en me disant qu'il resterait qu'une heure, et partirait, on est resté 4h ensemble. Quand je suis partie, je pensais qu'il allait dire "je te rappelle" et pas le faire, et non : il m'a proposé direct rencard pour le dimanche suivant ! Il m'a prise avec mes bagages cassés, mes démons (et dieu sait que j'en ai !) mes peurs, mon hyperphagie, mes restes de dépression... Et lui il a vu le diamant sous tout ça. Je sais toujours pas comment il a fait, mais ma mère qui ne l'a vu qu'une fois avant de décéder m'a dit : "je crois que c'est le bon"

    En tout cas je ne regrette plus d'être la fille créatrice et bizarre que je suis, maintenant que je sais que c'est moi qui ai la valeur, pas ces gens là :)

    (bon et j'arrête, je pleure à moitié en écrivant ça lol)

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    1. Bon, allez, avoue, nous sommes jumelles et avons été séparées à la naissance...

      Désolée pour le long temps de réponse, il a fallu que je m'en remette ^^'

      C'est dingue comme nos histoire, ressentis et présent se ressemblent ! Je suis contente de savoir que tout va bien pour toi (même si ça pourrait toujours être mieux, ouais, on devrait tous être millionnaires et avoir le droit de se mettre tout nus où on veut) et je croise les doigts pour que ça continue ! Mais on a l'air bien parties ^^

      Prends soin de toi miss ! <3

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  13. Je suis tombée sur ton article suite à un commentaire d'un de mes contacts sur Facebook. Je viens de publier moi aussi un article relatant des misères que j'avais vécues à l'école. ça n'a pas été aussi loin mais je me retrouve énormément dans tes propos. Dans cet article, j'ai voulu rester soft car d'une manière ou d'une autre, je pense tjs que ma personnalité atypique et moi-même avons tout fait pour que les autres nous détestent. Je me remets énormément en question et j'en reviens toujours à "oui, mais si tu étais différente, si tu avais fait ceci ou cela à la place de..., peut-être que". Merci pour ton témoignage en tout cas. J'ai 32 ans cette année et les blessures ne sont tjs pas refermées...

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    1. Hello Jess,

      J'ai lu ton article sur ton blog, et il m'a remuée. Combien de fois, en le lisant, je me suis dit "Oh, moi aussi !"...
      C'est un peu comme si, quelles que soient les choses qui nous arrivent, nous réagissons un peu de la même manière (que ce soient les bourreaux ou leurs victimes d'ailleurs).
      Moi aussi, j'oscille entre être sûre de moi, genre rien à foutre du monde, f*ck les gens ! et aimez-moi, sivôplé, regardez s'que j'ai fait et appréciez-moi !.
      Et pourtant, petit à petit, je pense commencer à pouvoir apprécier la dingue que je suis. J'ai toujours eu une personnalité décalée, et j'apprends à l'aimer. A l'apprivoiser.
      Je commence à me détacher du regard des gens, à faire des choses pour moi, parce que j'ai envie de les faire. Parfois je le regrette. Et puis je me dis que, sur le moment, je le voulais et j'étais sûre de moi, alors il n'y a rien à regretter.
      J'ai fait des trucs complètement dingues ; j'en fais et en ferai encore. Les gens qui m'entourent actuellement l'ont compris et l'ont accepté. Et ça fait du bien.

      J'espère que tu pourras arriver à te voir enfin comme tu es ; comme une belle jeune femme, qui aime partager ce qu'elle aime, qui a un humour communicatif, qui danse avec ses bouquins, (so what?), qui est intéressante et sympathique.
      Le passé ne peut malheureusement plus revenir, ou heureusement, qui sait? Mais une chose est sûre : il est temps de montrer à tes harceleurs qu'ils avaient tort, et que tu avances malgré eux. Malgré tout.
      Courage.

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  14. Pour info, c'est moi le contact en question miss :)
    Je suis tombée sur ton article il n'y a pas longtemps (j'ai un retard monstre en lecture de blogs) et je comptais t'en reparler de vive voix seule à seule (et pas au milieu d'une aprem girly cupcakes ;))
    Quand j'ai lu l'article de Jess, je lui ai laissé le lien vers ton article car vos expériences se ressemblent beaucoup.
    Voilà voilà, on se voit bientôt ;) bizzz

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    1. Contente que tu sois tombée dessus et que tu l'aies relayé, miss. Depuis que j'ai écrit ce texte, j'ai reçu pas mal de témoignages, ici ou via mails, et ça m'a vraiment permis de réfléchir, de soutenir, de partager.
      C'est dingue comme ce genre de choses incite les autres à vouloir parler de leurs propres blessures. L'envie de faire un texte sur tout ça me titille ^^
      Mais ce serait chouette qu'on discute, si l'envie t'en prends ! Tu sais où me trouver :)

      Des bises !!

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  15. Tu as bien du courage de déballer tout ça ! J'ai eu de la chance, je suis d'une nature un peu comme toi sauf que ma famille au complet est comme moi. Pour faire simple : le noir, la dentelle et les vêtements un peu hors norme c'est cool.
    J'ai une grande soeur et une maman qui m'ont toujours soutenu et je comprends que ça puisse être terrible d'être isolée dans sa propre famille. Quand je vois à quel point je suis fusionnelle avec ma mère, je crois que sans ça certaines années auraient pu être compliquées ;)

    J'ai subi du harcèlement, sauf que, manque de bol, j'ai du sang italien dans les veines et un caractère bien trempé du coup gare à ceux qui tentaient de se moquer de moi. J'ai mordu, griffer, frapper sans remords. Et puis ma langue est sacrément acérée aussi. Physiquement je suis plutôt du genre crevette (50kg pour 1m74) donc je compense par un esprit plutôt vif et une surprenante capacité (due au fait d'être cadette peut être lol) à trouver LE truc qui fera mal.

    Bref en primaire on m'a harcelé, sauf que j'en ai parlé à mes parents. Qui sont allé chopé les coupables pour mettre les choses au clair. Mon papa , ses filles sont sacrées lol, un jour il m'est arrivé un truc de fou ! °° Je sortais de l'école, et je sais plus pourquoi je me suis disputé avec un gosse ( que je connaissais pas qui plus est) et là, son père arrive et me fou une gifle °° Je te laisse imaginer le traumatisme lol j'ai vu 36 chandelles et j'ai pas trop compris le pourquoi du comment. Manque de bol pour ce charmant monsieur, mon père m'attendait en face. Il est sorti comme une boulet de canon de la voiture et j'ai bien cru qu'il allait emplafonner le mec hahaha (Mon père fait quand même près de 100kg pour 1m88).

    Bref mes parents sont vraiment au top de ce côté là ! Ils ont géré comme des chefs du coup maintenant je suis bien entourée ( vive le proverbe : mieux vaut être seule que mal accompagnée).
    Mes fréquentations changent en moyenne tout les 4 ans. Je crois qu'il n'y a plus beaucoup de survivants de ma période primaire/collège/Lycée. C'est surtout maintenant que je rencontre des gens qui sont vraiment dans le même état d'esprit que moi du coup je me sens comme une morue dans l'eau ;) J'en ai également rencontré pas mal sur internet (mon zhom notamment qui est une crème absolue. Une vraie perle rare!)

    Accessoirement, vu mon caractère, je me suis toujours dressée contre les cons qui s'acharnent sur les personnes un peu naïves ou timides. Il m'est arrivé de gifler en public une de ces nanas dirigeant un groupe de larbins pour lui montrer que NON tout le monde ne se prosternait pas à ses pieds. J'ai au passage secoué les puces des nanas sous son joug et réussi à en sortir une. C'est déjà ça. Enfin voilà :p

    Au passage je trouve que le livre Antechrista d'Amélie Nothomb est génial. Il aborde justement ce sujet et je l'ai trouvé bien écrit.

    Merci pour cet article et bravo pour ton courage !

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    1. Hello Ludivine,

      Merci de partager tout ça avec nous ! Tu as de la chance d'être aussi bien entourée, et tu as raison de ne pas te laisser marcher sur les pieds ! J'en reviens pas de ces adultes qui se permettent de gifler des gamins - qui ne sont pas les leurs de surcroit ! On vit dans un monde de dingues...

      Apparence, apparence, aime-moi, vénère-moi et nous serons amis...

      Heureusement, on a la chance d'avoir des clefs en mains pour se rebeller face à toutes ces conneries, et à tracer notre propre route.
      Continue comme ça ! :)

      Merci pour ton message et ton partage.

      La Morue

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